L'affaire Clearstream - synthèse d'informations (1)
On parle souvent à tort et à travers de l'affaire Clearstream. Pour des raisons politiques, les recherches de la presse ont focalisé sur la présence de Nicolas Sarkozy dans les listings de la banque. Beaucoup ont glossé sur les manipulations politiques essentiellement pour cacher la vérité bien plus sulfureuse : l'action d'une banque dans le blanchiment de l'argent sale. Quoi qu'il en soit, voila un résumé du dossier qu'avait fait le magazine Mariane début mai.
PARTIE I - La mise en scène, les acteurs
Les acteurs
En préambule, Mariane révèle que c'est la garde rapprochée de JL Lagardère qui est au coeur (mort depuis) à savoir :
Lorsque EADS a été créé, les 4 premiers acteurs se sont battus entre eux pour le pouvoir, Gergorin soutenait Camus (coprésident d'EADS) pour le poste de président. De son côté Delmas soutenait Forgeard (alors patron d'Airbus), c'est ce dernier qui est à la tête d'EADS maintenant.
L'histoire
1 -- Comment se connaissent-ils
En 1982, Gergorin, avant de passer chez Matra, est à la tête du Centre d'Analyse et de Prévision (CAP) du Quai d'Orsay. C'est le service de renseignements "haut de gamme" du ministère des affaires étrangères. Il emploie, entre autres.
Chirac, DDV vouent une haine féroce à l'égard du trio Balladur-Sarkozy-Pasqua. Tous les coups ont été permis entre eux (exemple l'affaire Schuller-Maréchal avant les élections de 95). Chirac et DDV sont alors convaincus que leurs trois adversaires ont touché des retro-commissions dans le cadre des magouilles de vente d'armes (affaire Falcone de livraison d'armes à l'Angola qui a vu la chute de Pasqua et celle de JC Mitterrand).
Durant la cohabitation Chirac-Jospin, DDV avait été chargé des affaires délicates auprès du président. Il a été accusé d'avoir constitué un "cabinet noir".
Détail ironique, quand, sous Jospin, la DGSE et la DST ont été chargés d'enquêter sur d'éventuels comptes occultes de Chirac au Japon et au Liban, c'est DDV avec l'aide de Rondot qui ont été chargé de désamorcer la supposée manipulation.
PARTIE II - Chronologie
Juin 2001
R. Van Ruymbeke est chargé d'une instruction sur la vente (en 1981) de frégates à Taiwan équipée par Thomson CSF.
Septembre 2001
Chirac reçoit Rondot et le charge, sur proposition de DDV, de déminer l'enquète de la DST et de la DGSE l'enquête lancée par Jospin (croit-il) concernant des comptes qu'il posséderait au Japon et sur lesquels des mouvements de fond importants en provenance d'une fondation culturelle dont il est le président.
2001-2002
Ernest Backes, un directeur informatique de Clearstream tout juste licencié, livre à Denis Robert (un journaliste) des documents tendant à prouver que Clearstream est une entreprise de blanchiment d'argent sale.
Janvier 2003
Gergorin, vice-président d'EADS présente à Rondot (alors en poste au MinDef) Imad Lahoud actuellement en charge de la sécurité informatique sur l'A380.
Le père des Lahoud travaillait avec le père de Rondot au Liban.
Imad Lahoud à longtemps géré l'argent de riches familles arabes en utilisant les services de clearstream. Juste avant 2003, il a connu une banqueroute dans une de ses entreprises et a passé 3 mois en taule. Pour se racheter, il a balancé des informations sur le financement du terrorisme islamiste.
C'est ce qui, à mon avis, a permis de le faire travailler à la DGSE compte tenu de son casier judiciaire...
Rondot, donc le présente à Juillet, le patron de la DGSE, et ils s'accordent pour lui confier une mission sur la mouvance Al Qaida et son financement. Il semble que Lahoud ait fait un excellent travail sur ce dossier.
Mars 2003
Lahoud est présenté à Denis Robert par l'entremise d'un journaliste. Robert ne sait pas que son nouveau copain travaille pour la DGSE..... Lahoud récupère ainsi les fameux listings.
Octobre 2003
Gergorin signale à Rondot que Lahoud a décrypté les fichiers Clearstream (tu m'étonnes, il travaillait pour eux avant) et qu'il avait mis en lumière une vaste corruption mafieuse qui éclabousse les industriels de l'armement, des fonctionnaires et des politiques.
PARTIE III - Les politiques entrent en scène
Mars 2003
Gergorin prévient DDV alors au Quai d'Orsay, et lui remet le listing des comptes Clearstream. Ils contiennent, entre autres, les noms d'industriels, de mafieux et de politiques suspectés d'avoir touché des rétrocommissions dans l'affaire des frégates de Taiwan.
Ces listings ne contiennent pas le nom de Sarkozy. Par contre, on y trouve l'ex numéro 2 des RG - M Squarcini, un de ses proches, JJ Martini, un officier de la DST (celui-là même qui avait déminé l'histoire des comptes de Chirac au Japon), Madelin, Strauss Kahn, Fabius, mais SURTOUT, tous les ennemis de Gergorin, Alain Gomez, P Delmas, les mafieux russes Abramovitch (patron du club de football de Chelsea et oligarque proche de V. Poutine), Arkady Gaydamak, et enfin Pasqua et ses boys (son fils et Marchiani).
Rondot avec l'accord du Directeur de Cabinet de Michelle Alliot-Marie décide de poursuivre l'investigation. Il en informe DDV début 2004, mais surtout, il rend compte à Chirac qui est très intéressé.
Il semble en fait que Chirac et DDV aient subodoré qu'il pouvait effectivement s'agir d'une "énorme affaire" (sic).
9 janvier 2004, la réunion du scandale
Rondot est convoqué dans le bureau de DDV au Quai d'Orsay. Gergorin est là. Ce dernier sort la liste Clearstream et répète sa théorie du blanchiment d'argent sale orchestré par Gomez, Delmas, Pasqua et la mafia russe.
Villepin n'évoque pas encore Sarkozy.
Mais quand Gergorin évoque une vente d'Airbus en Chine où Sarko devait se rendre, un vaste brainstorm se déclenche.
Rappelez vous que Gergorin était l'ancien patron de Rondot et DDV et qu'il doit avoir un ascendant psychologique sur eux. Comprenez aussi que Sarko, ministre de l'intérieur, n'a rien à faire en Chine pour raisons professionnelles. Rappelez vous aussi que DDV et Chirac soupçonnaient Pasqua, Balladur et Sarko d'avoir palpé des rétrocommissions, en particulier sur les marchés passés avec l'Arabie Saoudite et que Sarkozy a tenté en 2002 de contrôler la répartition des juteuses commissions du marché de la sécurastion des frontières saoudiennes.
Les trois acteurs de cette réunion ont des marottes différentes :
PARTIE IV - De Villepin s'accroche à sa marotte
Mars 2004
Il fait libérer Imad Lahoud alors interpelé par la police.
Mai 2004
Rondot a procédé à des vérifications qui ont toutes été vaines. Il s'est aperçu (en envoyant lui-même de l'argent) que les comptes Clearstream et les transferts de fonds existaient bien. Mais les noms cités ne correspondaient absolument pas aux détenteurs de ces comptes.
Il prévient Villepin et MAM qu'il ne sent pas l'affaire et qu'il pourrait s'agit d'une gigantesque manipulation. Il sent que Lahoud est hyper louche...
3 mai 2004
La liste est communiquée par un corbeau à Van Ruymbeke. D'après ce qu'on a appris par la suite, il ne s'agit pas d'un corbeau mais d'une réunion Gergorin-Van Ruymbeke. La liste communiquée ne contient pas le nom des politiques mais par contre tous les ennemis de Gergorin y figurent.
14 juin 2004
Le "corbeau" envoie à VR la liste transmise par Lahoud à Rondot mais aussi 885 noms des hommes politiques déjà cités plus le patronyme hongrois du père de Sarko (De Nagy) qui correspondraient à des comptes occultes dans des banques italiennes. Il faut comprendre que Clearstream ne gère pas que ses propres comptes, elle gérait également des comptes dans d'autres banques dont la BNP et le crédit lyonnais. Paradoxalement on trouve 4 Gomez dans cette liste, tous mafieux colombiens, par contre celui d'Alain Gomez a disparu.
Constat : parmi les noms cités, certains appararus au cours de conversations entre Lahoud et Denis Robert. D'autres, en particuliers des cadres du groupe Hachette, ne peuvent être connus que par des gens qui travaillent dans ce groupe ou chez EADS. On trouvera aussi le nombre de personnalités juives, par exemple celui de Patrick Gaubert, président de la LICRA (Antisémitisme du libanais Lahoud ?).
Gergorin raconte à l'époque qu'il soupçonne que le corbeau travaille pour la mafia. Il dénonce le fait que cette liste contient le plus grand nombre de noms possibles pour destabiliser l'enquête (vous vous imaginez, VR devait enquêter sur les 1000 noms de la liste).
Selon Marianne, si Gergorin est clairement le corbeau de la première phase, on soupçonne que la seconde phase a été initiée par son ennemi, Delmas, et son entourage.
PARTIE IV - Il est temps de conclure
Eté 2004
Sarkozy est mis au courant par le journaliste S. Denis de l'enquête effectuée par Rondot et du soupçon de megamanipulation. S. Denis est ami de Rondot.
Début juillet, DDV commet une "faute énorme". Le dossier Clearstream, tel qu'il a été communiqué à VR est communiqué au Point en provenance des milieux de l'aéronautique... La direction du point (Franz Olivier Giesbert, le borgne coiffé comme Beethoven) prévient DDV pour se couvrir, et DDV prétend que c'est du solide. C'est à cette époque que DDV aurait dit à FOG : "cette fois, si la presse fait son travail, il ne survivra pas à cette affaire".
A la suite de ce rebond spectaculaire, une information est ouverte par le parquet (proche de sarko) pour dénonciation calomnieuse.
LE DOUBLE JEU
c'est à ce moment là que Sarko a compris tout le bénéfice qu'il pourrait tirer du scandale en le présentant comme une simple opération de basse police montée par Villepin. Après la crise du CPE, Villepin et Sarko font la paix. Pendant ce temps, le week end de Pâques précisément, Sarko et son avocat se concertent à la Baule (là où Villepin a fait le gazou en slip de bain....) et il alerte la presse sur le fait qu'il faut s'attendre à des révélations imminentes. Le 25 avril il lance à un de ses conseillers : "Avec ce qui va se passer bientôt, Chirac aura d'autres soucis en tête !"
PARTIE V - Ma conclusion
Il n'y a pas une affaire mais cinq affaires dans ce qui se passe actuellement.
1 - l'affaire Clearstream
Clearstream est bien une banque qui a blanchi de l'argent sale. L'enquête de Lahoud a, parait-il, dévoilé plein de pots aux roses. Maintenant, n'oublions pas que Lahoud est un ancien escroc qui travaillait en partie avec les services de clearstream pour gérer le pognon de familles arabes riches (comme les Ben Laden). Il devait avoir des infos avant de commencer son enquête.
Je pense même qu'il s'agissait d'un secret de polichinelle et que la raison pour laquelle on a enfin flingué cette officine doit être liée à une lutte de pouvoirs et d'influence (par exemple une autre banque a pris pour patron un pote de Gergorin ou autre).
2 - l'affaire des frégates et l'affaire Falcone
Deux serpents de mer fantastiques qui ont sans doute touché des industriels véreux (Le Floch, Sirven, Gomez ?) des mafieux (Pasqua, Abramovitch, Gaydamak...) des politiques (Dumas, Pasqua, Balladur ?, Sarkozy ?) et leurs hommes de main.
3 - la course au pouvoir dans le milieu industriel
Gergorin a tenté de régler ses comptes avec Gomez et Delmas et a utilisé les politiques et la justice pour celà. Filou et malin il a manipulé ses anciens d'hommes de main et, on vient de l'apprendre, Van Ruymbeke...
4 - des politiques malins comme des singes et d'autres cons comme des pieds
Je crois en la bonne foi de Chirac et DDV lorsqu'ils soupçonnent Sarkozy d'avoir palpé en même temps que Pasqua. Je ne crois pas à la blancheur de Sarkozy globalement. Je pense qu'il est suffisamment roué pour pas se faire piquer (du reste comme Strauss Kahn et Fabius en fait, rappelons que ceux là étaient au pouvoir pendant les magouilles autour des frégates).
Villepin s'est clairement fait embrumer par son ancien chef. Pour moi, c'est l'événement initiateur. Sa tentative d'instiller son ressentiment à l'égard du gnome hongrois est un pet de mouche. Autant Sarkozy est louche, autant Villepin me fait penser à Don Quichotte (un peu comme si je mettais en parallèle Hollande et Strauss Kahn, l'homme à la cassette vidéo). Sa confidence à FOG me fait marrer avec le recul.
De son côté Sarkozy fait ce qu'il veut de la presse et il le fait bien. Il a de la ressource l'animal. Vous allez voir, on n'est qu'au début, il va rebondir de façon fantastique alors que je suis convaincu qu'il a palpé.
5 - le monde est petit pour des égos délirants
C'est fou de voir que des gens qui paraissent aux antipodes les uns des autres sont si liés. Gergorin patron de DDV et Rondot, Rondot père qui bosse avec Lahoud père, Marwan Lahoud qui bosse avec Gergorin, Imad Lahoud qui bosse pour Clearstream.
Ce monde, c'est celui que je condamne, c'est celui que j'ai envie de faire exploser. Marre des népotismes et des loges.
Allez, on conclut
La campagne contre Villepin est odieuse car il n'est pour rien dans cette affaire. Il a été un pion (on en demande plus à un premier ministre, je suis d'accord) et s'est fait blouser. Elle a pour intérêt de détourner les yeux de la vraie vérité : que des gens se soient enrichis de manière criminelle sur les affaires de Taiwan. Pendant qu'on continuera de taper sur ce brave con de Villepin, on oubliera Gergorin, Gomez, Pasqua et les autres.
C'est effarant de voir qu'on accorde le secret défense à un libanais louche et que nos services secrets donne du travail à un escroc qui a géré le fric de gens dont la pureté peut être remise en question.
On assiste également à une deuxième vague de réglements de compte. VR va être mis au ban de la société pour avoir pêché par naïveté également (ce Gergorin, quel cador). Sarkozy ne veut pas de lui comme patron de la justice à Paris (RV avait demandé sa mutation à ce poste et elle a été mise en suspens suite à l'information judiciaire contre lui).
Et l'affaire continue... Voir le second fil sur le sujet
PARTIE I - La mise en scène, les acteurs
Les acteurs
En préambule, Mariane révèle que c'est la garde rapprochée de JL Lagardère qui est au coeur (mort depuis) à savoir :
- N Forgeard
- P Camus
- JL Gergorin
- P Delmas
- Marwan Lahoud (le frère d'Imad)
Lorsque EADS a été créé, les 4 premiers acteurs se sont battus entre eux pour le pouvoir, Gergorin soutenait Camus (coprésident d'EADS) pour le poste de président. De son côté Delmas soutenait Forgeard (alors patron d'Airbus), c'est ce dernier qui est à la tête d'EADS maintenant.
L'histoire
1 -- Comment se connaissent-ils
En 1982, Gergorin, avant de passer chez Matra, est à la tête du Centre d'Analyse et de Prévision (CAP) du Quai d'Orsay. C'est le service de renseignements "haut de gamme" du ministère des affaires étrangères. Il emploie, entre autres.
- P Delmas comme conseiller économique
- P Rondot (ancien as de l'espionnage) comme spécialite des affaires arabes
- D. de Villepin comme spécialiste des affaires africaines.
Chirac, DDV vouent une haine féroce à l'égard du trio Balladur-Sarkozy-Pasqua. Tous les coups ont été permis entre eux (exemple l'affaire Schuller-Maréchal avant les élections de 95). Chirac et DDV sont alors convaincus que leurs trois adversaires ont touché des retro-commissions dans le cadre des magouilles de vente d'armes (affaire Falcone de livraison d'armes à l'Angola qui a vu la chute de Pasqua et celle de JC Mitterrand).
Durant la cohabitation Chirac-Jospin, DDV avait été chargé des affaires délicates auprès du président. Il a été accusé d'avoir constitué un "cabinet noir".
Détail ironique, quand, sous Jospin, la DGSE et la DST ont été chargés d'enquêter sur d'éventuels comptes occultes de Chirac au Japon et au Liban, c'est DDV avec l'aide de Rondot qui ont été chargé de désamorcer la supposée manipulation.
PARTIE II - Chronologie
Juin 2001
R. Van Ruymbeke est chargé d'une instruction sur la vente (en 1981) de frégates à Taiwan équipée par Thomson CSF.
Septembre 2001
Chirac reçoit Rondot et le charge, sur proposition de DDV, de déminer l'enquète de la DST et de la DGSE l'enquête lancée par Jospin (croit-il) concernant des comptes qu'il posséderait au Japon et sur lesquels des mouvements de fond importants en provenance d'une fondation culturelle dont il est le président.
2001-2002
Ernest Backes, un directeur informatique de Clearstream tout juste licencié, livre à Denis Robert (un journaliste) des documents tendant à prouver que Clearstream est une entreprise de blanchiment d'argent sale.
Janvier 2003
Gergorin, vice-président d'EADS présente à Rondot (alors en poste au MinDef) Imad Lahoud actuellement en charge de la sécurité informatique sur l'A380.
Le père des Lahoud travaillait avec le père de Rondot au Liban.
Imad Lahoud à longtemps géré l'argent de riches familles arabes en utilisant les services de clearstream. Juste avant 2003, il a connu une banqueroute dans une de ses entreprises et a passé 3 mois en taule. Pour se racheter, il a balancé des informations sur le financement du terrorisme islamiste.
C'est ce qui, à mon avis, a permis de le faire travailler à la DGSE compte tenu de son casier judiciaire...
Rondot, donc le présente à Juillet, le patron de la DGSE, et ils s'accordent pour lui confier une mission sur la mouvance Al Qaida et son financement. Il semble que Lahoud ait fait un excellent travail sur ce dossier.
Mars 2003
Lahoud est présenté à Denis Robert par l'entremise d'un journaliste. Robert ne sait pas que son nouveau copain travaille pour la DGSE..... Lahoud récupère ainsi les fameux listings.
Octobre 2003
Gergorin signale à Rondot que Lahoud a décrypté les fichiers Clearstream (tu m'étonnes, il travaillait pour eux avant) et qu'il avait mis en lumière une vaste corruption mafieuse qui éclabousse les industriels de l'armement, des fonctionnaires et des politiques.
PARTIE III - Les politiques entrent en scène
Mars 2003
Gergorin prévient DDV alors au Quai d'Orsay, et lui remet le listing des comptes Clearstream. Ils contiennent, entre autres, les noms d'industriels, de mafieux et de politiques suspectés d'avoir touché des rétrocommissions dans l'affaire des frégates de Taiwan.
Ces listings ne contiennent pas le nom de Sarkozy. Par contre, on y trouve l'ex numéro 2 des RG - M Squarcini, un de ses proches, JJ Martini, un officier de la DST (celui-là même qui avait déminé l'histoire des comptes de Chirac au Japon), Madelin, Strauss Kahn, Fabius, mais SURTOUT, tous les ennemis de Gergorin, Alain Gomez, P Delmas, les mafieux russes Abramovitch (patron du club de football de Chelsea et oligarque proche de V. Poutine), Arkady Gaydamak, et enfin Pasqua et ses boys (son fils et Marchiani).
Rondot avec l'accord du Directeur de Cabinet de Michelle Alliot-Marie décide de poursuivre l'investigation. Il en informe DDV début 2004, mais surtout, il rend compte à Chirac qui est très intéressé.
Il semble en fait que Chirac et DDV aient subodoré qu'il pouvait effectivement s'agir d'une "énorme affaire" (sic).
9 janvier 2004, la réunion du scandale
Rondot est convoqué dans le bureau de DDV au Quai d'Orsay. Gergorin est là. Ce dernier sort la liste Clearstream et répète sa théorie du blanchiment d'argent sale orchestré par Gomez, Delmas, Pasqua et la mafia russe.
Villepin n'évoque pas encore Sarkozy.
Mais quand Gergorin évoque une vente d'Airbus en Chine où Sarko devait se rendre, un vaste brainstorm se déclenche.
Rappelez vous que Gergorin était l'ancien patron de Rondot et DDV et qu'il doit avoir un ascendant psychologique sur eux. Comprenez aussi que Sarko, ministre de l'intérieur, n'a rien à faire en Chine pour raisons professionnelles. Rappelez vous aussi que DDV et Chirac soupçonnaient Pasqua, Balladur et Sarko d'avoir palpé des rétrocommissions, en particulier sur les marchés passés avec l'Arabie Saoudite et que Sarkozy a tenté en 2002 de contrôler la répartition des juteuses commissions du marché de la sécurastion des frontières saoudiennes.
Les trois acteurs de cette réunion ont des marottes différentes :
- Gergorin c'est les industriels de l'armement,
- Rondot, bon fonctionnaire, c'est la compromission éventuelle des services et des fonctionnaires du ministère
- Villepin, ce sont les noms des politiques cités. Il se demande s'il n'y en a pas d'autres.
PARTIE IV - De Villepin s'accroche à sa marotte
Mars 2004
Il fait libérer Imad Lahoud alors interpelé par la police.
Mai 2004
Rondot a procédé à des vérifications qui ont toutes été vaines. Il s'est aperçu (en envoyant lui-même de l'argent) que les comptes Clearstream et les transferts de fonds existaient bien. Mais les noms cités ne correspondaient absolument pas aux détenteurs de ces comptes.
Il prévient Villepin et MAM qu'il ne sent pas l'affaire et qu'il pourrait s'agit d'une gigantesque manipulation. Il sent que Lahoud est hyper louche...
3 mai 2004
La liste est communiquée par un corbeau à Van Ruymbeke. D'après ce qu'on a appris par la suite, il ne s'agit pas d'un corbeau mais d'une réunion Gergorin-Van Ruymbeke. La liste communiquée ne contient pas le nom des politiques mais par contre tous les ennemis de Gergorin y figurent.
14 juin 2004
Le "corbeau" envoie à VR la liste transmise par Lahoud à Rondot mais aussi 885 noms des hommes politiques déjà cités plus le patronyme hongrois du père de Sarko (De Nagy) qui correspondraient à des comptes occultes dans des banques italiennes. Il faut comprendre que Clearstream ne gère pas que ses propres comptes, elle gérait également des comptes dans d'autres banques dont la BNP et le crédit lyonnais. Paradoxalement on trouve 4 Gomez dans cette liste, tous mafieux colombiens, par contre celui d'Alain Gomez a disparu.
Constat : parmi les noms cités, certains appararus au cours de conversations entre Lahoud et Denis Robert. D'autres, en particuliers des cadres du groupe Hachette, ne peuvent être connus que par des gens qui travaillent dans ce groupe ou chez EADS. On trouvera aussi le nombre de personnalités juives, par exemple celui de Patrick Gaubert, président de la LICRA (Antisémitisme du libanais Lahoud ?).
Gergorin raconte à l'époque qu'il soupçonne que le corbeau travaille pour la mafia. Il dénonce le fait que cette liste contient le plus grand nombre de noms possibles pour destabiliser l'enquête (vous vous imaginez, VR devait enquêter sur les 1000 noms de la liste).
Selon Marianne, si Gergorin est clairement le corbeau de la première phase, on soupçonne que la seconde phase a été initiée par son ennemi, Delmas, et son entourage.
PARTIE IV - Il est temps de conclure
Eté 2004
Sarkozy est mis au courant par le journaliste S. Denis de l'enquête effectuée par Rondot et du soupçon de megamanipulation. S. Denis est ami de Rondot.
Début juillet, DDV commet une "faute énorme". Le dossier Clearstream, tel qu'il a été communiqué à VR est communiqué au Point en provenance des milieux de l'aéronautique... La direction du point (Franz Olivier Giesbert, le borgne coiffé comme Beethoven) prévient DDV pour se couvrir, et DDV prétend que c'est du solide. C'est à cette époque que DDV aurait dit à FOG : "cette fois, si la presse fait son travail, il ne survivra pas à cette affaire".
A la suite de ce rebond spectaculaire, une information est ouverte par le parquet (proche de sarko) pour dénonciation calomnieuse.
LE DOUBLE JEU
c'est à ce moment là que Sarko a compris tout le bénéfice qu'il pourrait tirer du scandale en le présentant comme une simple opération de basse police montée par Villepin. Après la crise du CPE, Villepin et Sarko font la paix. Pendant ce temps, le week end de Pâques précisément, Sarko et son avocat se concertent à la Baule (là où Villepin a fait le gazou en slip de bain....) et il alerte la presse sur le fait qu'il faut s'attendre à des révélations imminentes. Le 25 avril il lance à un de ses conseillers : "Avec ce qui va se passer bientôt, Chirac aura d'autres soucis en tête !"
PARTIE V - Ma conclusion
Il n'y a pas une affaire mais cinq affaires dans ce qui se passe actuellement.
1 - l'affaire Clearstream
Clearstream est bien une banque qui a blanchi de l'argent sale. L'enquête de Lahoud a, parait-il, dévoilé plein de pots aux roses. Maintenant, n'oublions pas que Lahoud est un ancien escroc qui travaillait en partie avec les services de clearstream pour gérer le pognon de familles arabes riches (comme les Ben Laden). Il devait avoir des infos avant de commencer son enquête.
Je pense même qu'il s'agissait d'un secret de polichinelle et que la raison pour laquelle on a enfin flingué cette officine doit être liée à une lutte de pouvoirs et d'influence (par exemple une autre banque a pris pour patron un pote de Gergorin ou autre).
2 - l'affaire des frégates et l'affaire Falcone
Deux serpents de mer fantastiques qui ont sans doute touché des industriels véreux (Le Floch, Sirven, Gomez ?) des mafieux (Pasqua, Abramovitch, Gaydamak...) des politiques (Dumas, Pasqua, Balladur ?, Sarkozy ?) et leurs hommes de main.
3 - la course au pouvoir dans le milieu industriel
Gergorin a tenté de régler ses comptes avec Gomez et Delmas et a utilisé les politiques et la justice pour celà. Filou et malin il a manipulé ses anciens d'hommes de main et, on vient de l'apprendre, Van Ruymbeke...
4 - des politiques malins comme des singes et d'autres cons comme des pieds
Je crois en la bonne foi de Chirac et DDV lorsqu'ils soupçonnent Sarkozy d'avoir palpé en même temps que Pasqua. Je ne crois pas à la blancheur de Sarkozy globalement. Je pense qu'il est suffisamment roué pour pas se faire piquer (du reste comme Strauss Kahn et Fabius en fait, rappelons que ceux là étaient au pouvoir pendant les magouilles autour des frégates).
Villepin s'est clairement fait embrumer par son ancien chef. Pour moi, c'est l'événement initiateur. Sa tentative d'instiller son ressentiment à l'égard du gnome hongrois est un pet de mouche. Autant Sarkozy est louche, autant Villepin me fait penser à Don Quichotte (un peu comme si je mettais en parallèle Hollande et Strauss Kahn, l'homme à la cassette vidéo). Sa confidence à FOG me fait marrer avec le recul.
De son côté Sarkozy fait ce qu'il veut de la presse et il le fait bien. Il a de la ressource l'animal. Vous allez voir, on n'est qu'au début, il va rebondir de façon fantastique alors que je suis convaincu qu'il a palpé.
5 - le monde est petit pour des égos délirants
C'est fou de voir que des gens qui paraissent aux antipodes les uns des autres sont si liés. Gergorin patron de DDV et Rondot, Rondot père qui bosse avec Lahoud père, Marwan Lahoud qui bosse avec Gergorin, Imad Lahoud qui bosse pour Clearstream.
Ce monde, c'est celui que je condamne, c'est celui que j'ai envie de faire exploser. Marre des népotismes et des loges.
Allez, on conclut
La campagne contre Villepin est odieuse car il n'est pour rien dans cette affaire. Il a été un pion (on en demande plus à un premier ministre, je suis d'accord) et s'est fait blouser. Elle a pour intérêt de détourner les yeux de la vraie vérité : que des gens se soient enrichis de manière criminelle sur les affaires de Taiwan. Pendant qu'on continuera de taper sur ce brave con de Villepin, on oubliera Gergorin, Gomez, Pasqua et les autres.
C'est effarant de voir qu'on accorde le secret défense à un libanais louche et que nos services secrets donne du travail à un escroc qui a géré le fric de gens dont la pureté peut être remise en question.
On assiste également à une deuxième vague de réglements de compte. VR va être mis au ban de la société pour avoir pêché par naïveté également (ce Gergorin, quel cador). Sarkozy ne veut pas de lui comme patron de la justice à Paris (RV avait demandé sa mutation à ce poste et elle a été mise en suspens suite à l'information judiciaire contre lui).
Et l'affaire continue... Voir le second fil sur le sujet


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